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Gestion du ruissellement et de l’érosion en vignobles ; quelles mesures et quelles alternatives au DVP de 20 m ?

Gestion du ruissellement et de l’érosion en vignobles ; quelles mesures et quelles alternatives au DVP de 20 m ?

Guy Le Hénaff, 89 Route de l’Europe, Kermaria, 22860 PLOURIVO

 

Communication orale présentée à l’occasion du 47e congrès du Groupe Français des Pesticides (GFP),  organisé du 15 au18 mai 2017 à NANCY

 

En France depuis 2011, le Dispositif Végétalisé Permanent (DVP de 5 ou 20 m) est la mesure de gestion réglementaire retenue pour limiter le transfert des substances phytosanitaires par ruissellement sur les parcelles en bordure de points d’eau. Un Groupe de Travail national a œuvré en grandes cultures sur des mesures de gestion alternatives offrant des contraintes et une emprise foncière plus limitées, tout en gardant un niveau d'atténuation potentiel comparable (23° conférence du COLUMA, Le Hénaff et al, 2016).

Une réflexion similaire a été menée en vigne notamment autour des forts enjeux des vignobles de coteaux qui cumulent de très nombreux handicaps vis-à-vis du ruissellement : pédo-climats, pratiques viticoles et paysages. Ce travail, mené à Lyon au sein de l’Irstea, permet de proposer des mesures alternatives apportant une bonne adaptation aux pratiques et aux contextes locaux et pourra alimenter la prise en compte règlementaire des transferts par ruissellement. Il devra auparavant être consolidé nationalement ou régionalement avec des experts des processus et des filières. Le recensement des pratiques et dispositifs a abouti à une proposition de boîte à outils permettant de couvrir les nombreux contextes pédoclimatiques des vignobles français. Heureusement la complexité apparente se résume localement à agir sur la perméabilité et la rugosité des sols, et bien évidement sur les chemins de l’eau. Il convient localement de bien comprendre le rôle de l’organisation paysagère et des systèmes hydrauliques fortement anthropisés des différents vignobles de coteaux et des vignobles drainés du Sud-Ouest.

 Cela revient à agir sur les chemins de l’eau ainsi qu’à identifier et à mobiliser les trois ou quatre techniques ou dispositifs les plus pertinents pour les milieux et les viticulteurs. Ainsi par exemple, l’enherbement ou le paillage des rases (petits fossés intra-parcellaires) permettrait de limiter l’érosion du Beaujolais granitique. À côté de ces mesures, on peut mobiliser d’autres mesures complémentaires s’adaptant aux pratiques viticoles et parcellaires (restructuration des vignobles : densité, écartement,…) ou qui permettraient de prendre en compte les nuances observées dans le fonctionnement hydrique local. Nos approches visent par tous les moyens à limiter la genèse du ruissellement puis via des espaces végétalisés simples et rustiques, à ralentir l’eau et à atténuer voire à bannir tous les transferts rapides.

Ces propositions alimenteront la prise en compte des risques de ruissellement et devraient permettre une meilleure prise en compte des enjeux liés aux importants transferts hydriques des pesticides en secteurs viticoles. Espérons aussi qu’une meilleure connaissance des dispositifs mobilisables facilitera le dialogue et la co-construction d’initiatives locales et de plans d’action pas forcement onéreux mais pertinents, faisant appel à des modifications simples de pratiques viticoles ou hydrauliques.

L’objectif, rappelons-le, se résume localement à agir sur les chemins de l’eau et à mobiliser les trois ou quatre techniques ou dispositifs les plus pertinents pour le milieu, les viticulteurs et les aménageurs.

Diaporama présenté au 47° congrès du Groupe Français des pesticides

Amélioration de la rugosité su sol : bande fleurie (Sud-Beaujolais)

Amélioration de la rugosité su sol : bande fleurie (Sud-Beaujolais)

Tag(s) : #Règlementation phytosanitaire, #Chemins de l'eau et diagnostics

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