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Membre du groupe « EAU » du Conseil Citoyen de Guingamp-Paimpol Agglomération, voici une tribune proposée à la presse locale et destinée aux nouveaux membres des conseils municipaux et des conseils communautaires des communautés de communes et des agglomérations.

Après les municipales,

              le changement climatique : préoccupation majeure ou désintérêt coupable.

Mesdames et messieurs élu.es dans les nouveaux conseils municipaux et dans les intercommunalités, vous allez pour les prochaines années assurer des arbitrages et prendre des décisions qui nous engagent collectivement.

Les campagnes des municipales ont été un moment important d’échanges et aussi de promesses. Pourtant un des grands enjeux du moment lié à notre avenir a été très peu évoqué : le changement climatique et les adaptations nécessaires pour atténuer ses effets sur notre vie, voire notre survie. Aurions-nous manqué une occasion propice et favorable pour réfléchir localement à notre avenir et infléchir nos actions ?

Face aux prévisions des évolutions climatiques et aux scénarii évoqués, une question me hante : que mangerons nos petits-enfants demain ? Une augmentation annoncée de  2, 3 voire 4 degrés des températures moyennes c’est énorme pour notre végétation naturelle et nos cultures actuelles: chaque espèce de plante possède sa stratégie d’évitement en cas de canicules modérées (pertes de feuilles, enroulement,…), mais en cas de chaleur excessive c’est la mort brutale ou le début d’un dépérissement. Notre territoire est-il suffisamment résilient pour atténuer les coups de boutoir liés aux évènements météorologiques plus violents et plus nombreux ? Ma réponse d’agronome, fondée scientifiquement, est non. Il faut absolument réaménager nos paysages et aussi nos modes de vie. Il est maintenant clair que sans changement de braquet, la Bretagne s’achemine vers une disponibilité insuffisante en eau : le territoire de Guingamp-Paimpol Agglomération est déjà déficitaire en eau potable. Il nous faut mieux protéger nos ressources en eau du point de vue qualitatif mais aussi quantitatif. Nous devons cultiver l’eau douce en ralentissant l’eau, en favorisant l’infiltration dans les sols, en stockant l’eau au sein des paysages (haies, talus, zones humides, prairies, zones tampons), en végétalisant les zones déstructurées par l’activité humaine. En effet les arbres sont et seront nos alliés afin de s’adapter au mieux. Ils offrent de nombreux bienfaits, ce sont nos couteaux suisses d’aménageur et nos climatiseurs de demain.

Certes des actions de renaturation sont en cours (Breizh Bocage, réhabilitation de ruisseaux, cours d’école, jardins de pluie,…), mais une hirondelle (voire deux), ne fait pas le printemps. Nous imperméabilisons encore plus que nous ne protégeons les capacités d’infiltration des sols. Nous replantons des haies, sans être sûr que cela compense vraiment les disparitions. Le simple respect des mesures descendantes de transitions écologiques ne peut pas suffire pour asseoir une vraie politique de protection de la nature : il va falloir en faire plus et ce sans doute au détriment de certaines promesses de confort qui ont largement fleuri dans les programmes municipaux. Des projets de chaudières bois sont évoqués à Paimpol et aux environs ; mais il faut s’assurer que cela n’entrainera pas de pillages intempestifs des ressources boisées: des plans de gestion durable de la haie (PGDH) et du bocage doivent absolument être mis en place. On peut même envisager que les collectivités locales jouent un rôle majeur, central et facilitateur dans cette gestion durable car l’arbre est souvent un bien privé qui procure un bienfait collectif. Autour de l’arbre et de la nature, nous avons perdu le savoir-faire de nos anciens et le plus souvent nous refusons de mettre en œuvre les connaissances biologiques et écologiques actuelles et d’écouter le bon sens : la taille durable de nos haies ne s’improvise pas. En Bretagne 80 % des haies bocagères sont mal entretenues. Sur un tel sujet qui devrait concerner l’ensemble de la population, nous avons collectivement un devoir d’information des professionnels et du grand public. Autre domaine qui demandera un effort collectif important : la protection qualitative et quantitative de l’eau.

 

Au niveau climat, le niveau local n’est pas l’unique lieu de prise en compte de cette problématique d’avenir très importante, mais les actions locales doivent à minima être en phase avec le changement de paradigme nécessaire : le local doit apporter sa pierre à l’édifice des nécessaires adaptations face aux enjeux des dérèglements climatiques et météorologiques. D’une façon générale l’adaptation au changement climatique ne doit pas être pilotée en fonction des desiderata des activités productivistes peu enclines au changement. Car cette fois des choix inadaptés ne sont plus acceptables, nous avons face à nous un invité de marque qui sera certainement impitoyable : le dérèglement climatique.

Pouvons-nous, infléchir les politiques environnementales descendantes et plutôt imaginées par des citadins ? La réponse doit évidemment être oui. Il est du devoir des citoyens de s’exprimer sur notre avenir commun et du devoir des élu.es d’écouter, de s’informer et de prendre leurs responsabilités au travers de décisions ambitieuses, qui espérons-le seront salutaires.

Forte érosion en bas de parcelles légumières limoneuses : Landouézec à Paimpol-Plounez (22) le 22 sept 2025

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Néo-bocage: nouvelle haie à plat. Biodiversité et protection vis à vis des pesticides. Plantation du 3 mars 2026, Kermaria, Plourivo-22

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Conférence 23 janvier 2026: Sécheresses, Inondations, Réagirons nous? Plouha-22

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Conférence UTL de Guingamp, Nos bocages de demain, 19 décembre 2025

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Frêne dépérissant atteint de Chalarose, Bord du Leff au Houël, Plourivo-22

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Tag(s) : #Territoires résilients
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