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L'agriculture bretonne n'est pas prête face au changement climatique.

Est-on enfin prêt à accepter ce constat ?

Va-t-on agir avec ambitions sur le grand cycle de l’eau, qui est parti à vau-l’eau depuis des décennies sous la pression de nombreuses activités humaines irréfléchies ? Mon article d’AgrEaunome » du 15 janvier 2025 posait la question suivante : l'agriculture bretonne est-elle prête pour le changement climatique? Ma réponse il y a 18 mois était négative : nous n'étions pas prêts et aujourd'hui ce serait même deux fois non !!

https://www.guylehenaffagreaunome.fr/2025/01/l-agriculture-bretonne-est-elle-prete-pour-le-changement-climatique.html

Les sécheresses estivales à répétition et les coulées de boues récurrentes en secteurs de légumes de plein-champs, auraient dû nous mettre en alerte et conduire à des actions très ambitieuses. D'autant que la sécheresse de 2022 a conduit le département des Côtes d'Armor à deux doigts d'un manque d'eau potable (vers le 10 août 2022). Depuis plusieurs années, nombreux sont les articles que j'ai consacrés aux problématiques du changement climatique: nécessité de renforcer nos ressources en eau, nécessité d'avoir de l'eau brute de qualité (sans pesticides,...), nécessité de renforcer le maillage bocager et plus globalement l'agro-écologie. Nécessité d'aller rapidement vers des pratiques agricoles respectueuses des sols et vers des paysages résilients. Il manquait la notion d'habitabilité* au sens possibilité pour l'homme de vivre dans un lieu, mais la voici au cœur de nos préoccupations de cet été 2026. 

Merci infiniment aux paysans et agriculteurs qui ont mis en place des systèmes peu impactant et résilients. Ils nous montrent que ces systèmes vertueux offrent de nombreux bienfaits et aménités pour la nature, et qu’ils sont absolument nécessaires aujourd'hui et le seront encore plus demain.

Depuis plusieurs années, les personnes et les structures contactées par mes soins, autour des effets dommageables prévisibles du changement climatique pour l'agriculture bretonne, ont toutes fait une réponse quasi-similaire : pas d'inquiétude, des actions d'atténuation sont en place où en cours de réalisation (Breizh Bocage, reméandrage de cours d'eau, et depuis peu végétalisation des cours d’école,...).

Si l'on résume: tout va bien. Ou tout allait bien, car en est-on vraiment certain aujourd'hui 11 juillet 2026? Certes on va me rétorquer que la sécheresse actuelle est poche de celle connue en 1976. Mais il y a 50 ans les techniques agricoles étaient différentes, la teneur des sols en matière organiques étaient plus forte et de meilleure qualité (effets bénéfiques des prairies et du fumier contre effets dégradants du lisier et du maïs aujourd’hui). Les maillages paysagers étaient de bien meilleures qualités qu'actuellement, l'hydraulique agricole était moins déstructurée et les sols bien moins tassés qu'aujourd'hui. Et les besoins en eau de notre société étaient nettement moindre, avec un fort appui des ressources locales que nous n'avons plus maintenant (fermetures de nombreux captages d'eau potable pour cause de contaminations nitrates et pesticides, imperméabilisation,…).

L'impréparation bretonne (et française) au niveau agricole est difficilement concevable : pourquoi ? D'autant que sur le plan règlementaires des reculs environnementaux sont en cours, au détriment de la biodiversité : pour qui ?

"Nos élus" ont-ils tous bien travaillés et ont-ils réellement anticipés la situation que nous vivons aujourd’hui dans les champs? Certes au niveau urbain la situation n'est guère meilleure, de nombreux quartiers sont même quasi-inhabitables en période de canicules : la voie est grande ouverte pour une mauvaise adaptation via un développement de la climatisation, malheureusement  techno-solutionniste.

Sur notre territoire  breton, mais aussi ailleurs, le cycle de l'eau va à vau-l'eau depuis des décennies et les actions salutaires sont bien trop réduites pour avoir un effet majeur. C'était il y a 20 ans, voire plus qu'il fallait se retrousser réellement les manches**.

J'enrage doublement en pensant à mes petits-enfants. 

 

: principe d'habitabilité, défendu par Baptiste Morizot et Laurent Neyret, et soutenu par Gaspard Koenig

** : tout lien avec la RGPP de 2028 serait fortuit (Révision Générale des Politiques Publiques)

 

Déversoir du moulin du Gludic à Yvias -22, débit de 0.3 m3/s le 12 juillet 26

Déversoir du moulin du Gludic à Yvias -22, débit de 0.3 m3/s le 12 juillet 26

Néo-bocage à Kermaria: ralentissons l'eau verte, Plourivo -22, le 13 mars 2026

Néo-bocage à Kermaria: ralentissons l'eau verte, Plourivo -22, le 13 mars 2026

Ralentissons l'eau verte: double bandes enherbées, Lagnieu -01, le 21 oct.2021

Ralentissons l'eau verte: double bandes enherbées, Lagnieu -01, le 21 oct.2021

Ralentissons et stockons l'eau verte: bande enherbée en pied de haie bocagère, Plourivo - 22, le 15 oct. 2021

Ralentissons et stockons l'eau verte: bande enherbée en pied de haie bocagère, Plourivo - 22, le 15 oct. 2021

Tag(s) : #Territoires résilients, #Sécheresses
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