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Sécheresse 2026 et canicules, sommes-nous au bon niveau d’actions préventives ?

La sécheresse de 2026 était pressentie de bonne heure en lien avec une baisse plutôt rapide des débits de nos rivières dès avril. A partir de cette fin avril 2026, j’ai contacté plusieurs collectivités et organismes costarmoricains, avec peu de réponse et de retours. Est-ce la gêne ?

Depuis la fin avril, les conditions météorologiques du printemps et du début de l’été ont été et sont encore désastreuses pour la biodiversité, les productions agricoles, la santé humaine, etc...

Beaucoup de responsables nationaux et locaux s’enorgueillissent de faire du préventif. Mais, j'y mettrai un gros bémol :  certes un nombre croissant d'actions se mettent en place, mais une hirondelle (ni deux) ne fait pas le printemps et c'est très compliqué de corriger rapidement 70 ans d'hydraulique dure et de déstructuration de nos paysages ruraux et urbains. Dans mon environnement territorial proche je vois peu de raison de me réjouir que ce soit au niveau communal ou communautaire.

Je suis peut-être pessimiste, mais cela fait plusieurs décennies qu'ont débutés la reconquête de la qualité de l'eau, la protection des zones humides, la mise en œuvre de l'hydraulique douce (en secteurs d'érosion des sols), la lutte contre les nitrates et l'eutrophisation. Objectivement les bilans ne sont guère glorieux, sauf sans doute pour les exploitants de nos ressources naturelles, partisans de la course à la lenteur vis à vis de l’agro-écologie.

Pourtant aujourd'hui nous arrivons dans le dur avec une sécheresse agricole comparable à celle de  1976, des canicules qui se succèdent, une forte dégradation de nos arbres champêtres et forestiers, etc. Le recours aux solutions fondées sur la nature à travers l'agro-écologie est d'un coût plutôt modeste par rapport au soutien sans faille aux productions agricoles agressives pour notre environnement. Hélas collectivement nous sommes toujours plus enclins aux actions curatives (techno-solutionnistes) plutôt qu'aux actions préventives robustes guidées par le bon sens mais aussi moins « rentable » (au strict plan économique (et PIB), qui ne tient pas compte des coûts induits: pollutions, inondations,...)

Agronome et ancien ingénieur-chercheur de la fonction publique, je déplore que la partialité des parties prenantes et le non recours à la compétence des instituts agricoles (financées par l'argent public) prennent en permanence le pas sur une compétence scientifique impartiale qui devrait dicter utilement nos prises de décisions et nos actes. 

J'ai passé ma vie professionnelle au côté des agriculteurs et au contact des plantes cultivées et la quasi-totalité de ma vie personnelle au contact de la nature. Qu'en sera-t-il pour mes petits enfants ? Auront-ils droit à ce bonheur ?

J'émets le souhait que le CGRE (Comité de Gestion des Ressources en Eau) des Côtes d'Armor se saisisse pleinement de l’entièreté des composantes de la Gestion des Ressources en Eau. La sobriété des usages et les restrictions ponctuelles doivent avoir leur pendant dans l'amélioration des ressources en eau, or les meilleurs endroits pour stocker l'eau sont les sols en bon état et vivants et les éléments interstitiels des paysages (haies, talus, zones humides, prairies naturelles, zones tampons semi-naturelles,...). Une augmentation facilement accessible de 5 mm de la réserve en eau utilisable (par les plantes) de nos sols agricoles bretons, nous permettrai d'améliorer nos ressources en eau de plus de 80 millions de M3. Cela représente l'équivalent des stocks d'eau présents dans nos retenues bretonnes en fin d'hiver (ensemble des retenues à vocation AEP, hors la retenue de Guerlédan (51 millions de M3 à vocation hydroélectrique)). Et c'est bien plus que les 50 millions de M3 d'eau potable supplémentaires qui seront nécessaire en Bretagne en 2050 (source: Thierry Burlot).

Nous savons, mais aurons-nous l'opportunité et aussi le courage de s'engager dans la seule voie salutaire qui passe par la protection de notre environnement et le maintien d'un cadre de vie habitable? Les vicissitudes actuelles au plan national nous laissent malheureusement peu d'espoirs! Restent nos échelons locaux afin de préserver une résilience de bon niveau de nos territoires, condition sine qua non pour une habitabilité correcte des territoires bretons.

Sécheresse et canicule, plantation de poireaux en sol limoneux très sec - Plourivo (02 juil 2026)

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L'Allier à Langeac (43) 26 juin 2026

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Le Rhône à Bellegarde (01) 21 juin 2026

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Fontaine communale à Chastenuel, Jax (43) 27 juin 2026

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Tag(s) : #Sécheresses, #Territoires résilients
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