Sécheresses récurrentes : Revoir la gestion de l’eau ? En revenant en premier lieu aux fondamentaux et aux lois de la nature
De nombreuses voix s’élèvent du côté des organisations professionnelles agricoles et de certains syndicats pour réclamer la création de retenues d'eau, afin de développer l'irrigation de sols plutôt "fatigués" . Mais ne faudrait-il pas d'abord faire le bilan de toutes les actions de déstructuration du cycle de l'eau que nous avons réalisé au cours des 75 dernières années. Devons nous dégrader encore et encore les circuits naturels de l'eau sans avoir réellement mis en œuvre des actions préventives de grandes envergures?
Le texte ci-dessous répond à une tribune du 5 août 2026 dans la Presse d'Armor des Jeunes agriculteurs des Côtes d'Armor prônant la création de retenues, sans propositions d'actions agronomiques correctrices voire compensatrices:
"Nous sommes en Nord Bretagne. Pourtant une sécheresse majeure est là, accentuée par des jours de canicules qui ont brulé des organes végétaux (effet sèche-cheveux de fin juin). Il faut agir mais il est important de bien utiliser collectivement nos moyens financiers. Qu’avons-nous entrepris de vraiment ambitieux pour atténuer les à-coups climatiques prédits depuis longtemps ? Les alertes ont été nombreuses : dont la sécheresse de 2022, avec déjà des soucis de fourniture en eau potable au niveau départemental! En 2026, les dégâts aux cultures sont importants et les répercussions sur les exploitations agricoles vont être majeures. Les biodiversités terrestre et aquatique subissent aussi de très lourds dégâts.
La Bretagne, avec ses faibles réserves souterraines en eau, est intrinsèquement vulnérable en termes de quantité et qualité de l’eau. Hélas, depuis des décennies les actions humaines ont largement contribué à accroitre la sensibilité de nos territoires et de nos champs aux transferts hydriques de polluants et aux aléas comme les pluies intenses (inondations, coulées de boues). Notre cycle de l’eau dégradé encaisse mal les longues sécheresses agronomiques et climatiques.
Les parcelles de légumes du Trégor-Goëlo actuellement irriguées, montrent des conduites culturales très éloignées des bonnes gestions agro-écologiques : taille parcellaire importante, tassement des fourrières, structures des sols limoneux trop fines et teneurs en matières organiques trop faibles, bocage quasi-absent,…. Et malheureusement ces parcelles légumières irriguées font sans doute partie des champs les plus sensibles aux forts ruissellements, générateurs des coulées de boues !
La protection des sols au sein de parcelles agro-écologiques est primordiale. Elle doit primer sur le stockage de l’eau dans des retenues. Avançons avec logique et appuyons nous sur des études objectives."
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