L’arbre allié de l’homme.
Notre bocage de demain : un outil multifonctionnel face au changement climatique
Après le 11 mars 2025 à l'Université du Temps Libre (UTL) de l'Iroise (Saint-Renan-29), j'ai présenté la conférence sur l'arbre, face au changement climatique, à l'UTL de Guingamp-22 le 19 décembre 2025 (UTL dont je suis adhérent).
Cette conférence de fin d'année était de fait moins optimiste que celle du mois de mars. En cause les tergiversations budgétaires : comment peut-on envisager une transition écologique de bon niveau sans être capable de prioriser les choix budgétaires. Demain serons-nous en capacité de produire notre alimentation si l'atténuation des effets du changement climatique n'a pas le rang de grande cause nationale ? Nous devons tout faire pour préserver et améliorer la résilience de nos champs et de nos bassins versants, d'autant que les réticences syndicales et politiques sont fortes et même inacceptables. Le pacte en faveur de la haie offrait une forte opportunité d'agir en faveur de plus de bienveillance pour nos sols cultivés et nos paysages agraires. En réduire fortement les capacités d'action est une faute grave et impardonnable que nos petits enfants pourront nous reprocher , AVEC RAISON !
« le meilleur moment pour planter des arbres c'était il y a 20 ans,
le deuxième meilleur moment est maintenant." (proverbe chinois)
Les relations entre les sociétés humaines et les arbres sont ambivalents et soumis encore aujourd’hui à des injonctions contradictoires : l’arbre est le plus souvent un bien privé alors qu’il se révèle être un bien commun de grande valeur. La tempête Ciaran est un exemple type de rôles opposés : dégâts directs aux bâtiments par les arbres abattus ou cassés mais protection de haut niveau du bâti grâce à l’effet positif apporté les arbres et leurs rugosités sur l’intensité des vents. Ces relations homme-arbre fluctuent au fil de l’histoire : défrichements notamment au moyen-âge (monastères), en fait des gallo-romains jusqu’à l’exode rural, embocagement (XVIIIème jusque début XXème), reforestation en montagne pour cause d’érosion (fin XIXème-début XXème), remembrements massifs d’après-guerre (1950-1980), agrandissements parcellaire (modernisation !), promotion de l’agroécologie et verdissement de la PAC, et maintenant adaptation des paysages aux aléas climatiques et recherche de résilience accrue.
Les peuplements forestiers ou le bocage nous apportent de très nombreux avantages, mais cela nécessite d’avoir des modalités de protection et de gestion durable (protection règlementaire, plans de gestion,…)
En Bretagne, région faiblement boisée, on parle de forêt linéaire composée des haies. En France les surfaces forestières ont progressé mais l’érosion des linéaires de haies a fortement perduré jusqu’en 2000. Depuis le plan de relance et maintenant le pacte en faveur de la haie donnent une forte impulsion en faveur de la plantation des haies, la régénération naturelle est depuis peu mise en avant. Rien n’est simple, la Bretagne avec ses premières actions Breizh-Bocage (2007-2014 et 2015-2022) a réussi à rétablir un équilibre entre disparitions et création de haies bocagères. Mais les échecs de plantation restent importants et les réticences perdurent toujours.
Le bocage est un paysage rural façonné par l’homme qui a constamment évolué au gré des besoins. Actuellement les enjeux sont de mieux valoriser le bois bocager au sein des exploitations agricoles. Mais les élus doivent aussi intégrer le maintien et le développement l’arbre dans leurs priorités : les politiques de bassin-versants et de protection de l’eau en tiennent compte. Mais seront nous assez ambitieux et rapides face aux enjeux climatiques?
Le bocage est un outil multifonctionnel de type « couteau suisse ». Il doit nous permettre de limiter le déclin de la biodiversité, d’agir localement sur le climat en cultivant l’eau verte, de favoriser l’infiltration dans les sols et de ralentir l’eau au sein de paysages résilients. Et bien évidemment l’arbre en ville apporte le même type d’aménités.
« Au pied de mon arbre, je vivais heureux » Georges Brassens (1956)
Petit coin de Bretagne : boucle de l'Aulne à Trégarvan depuis le belvédère de Rosnoën-29 (28 février 2025)
Conséquence récurrente de l'absence de bocage : perte de fertilité d'un grand versant légumier de Landouézec -Plounez (Paimpol-22 le 22 sept 2025)
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