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Inondation et fin de sécheresse au pays des hortensias, mais après ?

La sécheresse agronomique et hydrologique de 2025 du nord Bretagne vient de se terminer en « fanfare » ce 21 septembre à 14h, par des inondations dans plusieurs secteurs de Paimpol ! La pluviométrie moyenne cumulée tourne autour des 40-50 mm, mais le quotidien Le Télégramme fait état au plus fort de de l’épisode de cumul de 60 mm en 45 minute et donc une fort intensité forte de 80 mm/h.

Après une pluviométrie déficitaire depuis 6 mois, voire très déficitaire en août (15.6 mm de cumul de pluie à Paimpol, source infoclimat.fr), la forte perturbation pluvio-orageuse du 21 septembre à mis fin au manque d’eau subit par la végétation, les cultures et nos cours d’eau. Ruisseaux et rivières qui étaient à des niveaux très bas depuis début Août[i]. C’est donc la fin de la souffrance pour la biodiversité terrestre et aquatique, mais avec de nouvelles inondations des points bas de Paimpol.

Pour des raisons économiques liées à la mer (pêche puis tourisme), Paimpol s’est développée entre terre et mer, dans une cuvette topographique[ii]. De très nombreuses constructions ont été réalisées sur des zones humides comblées. Les nombreux petits ruisseaux convergents dans la cuvette paimpolaise ont été enfouis : ils passent sous les quartiers bas : dans les années 70 le ruisseau de Lanvignec a été recouvert, la cressonnière de mon père, rue du Chanoine Guillaume Thos à bien évidemment disparu, et le lavoir de l’ancienne cidrerie route de Ploubazlanec au champ de foire aussi. Les remembrements ont conduit à la quasi disparition des talus et du bocage sur les coteaux paimpolais de Ploubazlanec, de Plounez – Kérity et plus en retrait sur les plateaux d’Yvias et de Plourivo. A la clé nous avons fortement favorisé une accélération de la vitesse des transferts d’eau vers Paimpol et son port. L’imperméabilisation récurrente et la déstructuration du maillage bocager a rendu la ville très vulnérable aux précipitations intenses, qui d’après les prévisions climatiques vont devenir de plus en plus fréquentes.

Les coulées de boues sont venues amplifier les dégâts. Ces coulées ont une origine claires : les parcelles agricoles récemment travaillées et notamment les choux fleurs nouvellement butés. Les facteurs aggravants sont bien sûr la pente, des rangs dans le sens de la pente, et des bas de parcelles inadaptées : absence de talus, entrées de parcelles en bas de longues pentes, succession de parcelles sans espaces interstitiels entre les champs de type talus, haies ou bandes enherbées.

En milieu urbain l’objectif devrait être d’aller vers une ville éponge, avec des capacités d’infiltration et de rétention importante. Ne pas imperméabiliser ne suffit pas, car un parking en gravillons présente sous les graviers un sol tassé aux faibles capacités d’infiltration. Pas facile de mettre en œuvre un système d’éponge car cela demande un temps important et des moyens. Par contre limiter la contribution des parcelles agricoles peux être une action efficace rapidement, en limitant à la source les ruissellements et en ralentissant les écoulements via des actions d’hydraulique douce et d’hydrologie régénérative. Des actions sont réalisées ou en cours (re-création de talus, réhabilitation de ruisseaux,…) mais elles restent sans commune mesure avec les besoins du territoire. La compétence GEMAPI est maintenant du ressort de Guingamp Paimpol Agglomération, mais l’enthousiasme modéré dans les actions GPA ne me paraît être un gage de réussite. Oh ce n’est pas totalement de la responsabilité de la structure, car c’est d’un véritable plan dont nous avons besoin pour espérer réussir notre adaptation au changement climatique.

Il faut restructurer nos champs et notre bocage, et donc accepter de s’engager véritablement dans de l’agro-écologie apportant de la résilience. Il faut aussi impulser une dynamique gagnante dans les zones habituées ou aménagées. Par ces temps d’incertitude budgétaire, mes propositions d’aménagement peuvent paraître incongrues, mais c’est notre avenir qui est en jeu. Pourrons-nous demain habiter et nous nourrir, si notre nécessaire adaptation via des actions massives en faveur de paysages, des sols et de territoires résilients sont menées à un rythme loin d’être suffisamment dynamique.

                       

 

[i]  Article sécheresse du 1er août 2025 : https://www.guylehenaffagreaunome.fr/2025/08/secheresse-au-pays-des-hortensias.html

[ii] Article « inondation » du 5 octobre 2020, suite à la tempête Alex :

https://www.guylehenaffagreaunome.fr/2020/10/paimpol-une-cuvette-avec-des-ruisseaux-et-des-marees-hautes.html

Coulée de boue importante en bas de coteau légumier à Landouézec, Plounez-Paimpol (22) le 22 septembre 2025

Coulée de boue importante en bas de coteau légumier à Landouézec, Plounez-Paimpol (22) le 22 septembre 2025

Couleur chocolat du port de Paimpol (22), que d'éléments de sols fertiles perdus (22 sept 2025)

Couleur chocolat du port de Paimpol (22), que d'éléments de sols fertiles perdus (22 sept 2025)

Fontaine de Lanvignec, point bas d'un ruisseau busé que les sédiments "adorent" : Paimpol (22) le 22 sept 2025

Fontaine de Lanvignec, point bas d'un ruisseau busé que les sédiments "adorent" : Paimpol (22) le 22 sept 2025

Coulée de boue récurrente (tous les 2 ou 3 ans ! ): parcelle limoneuse pentue trop longue, Landouézec à Paimpol, le 22 sept 2025

Coulée de boue récurrente (tous les 2 ou 3 ans ! ): parcelle limoneuse pentue trop longue, Landouézec à Paimpol, le 22 sept 2025

Tag(s) : #Territoires résilients
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